Certains produits ménagers sont aussi dangereux qu'un paquet de cigarette par jour

Les produits ménagers que nous utilisons pour faire le ménage seraient nocifs pour les poumons.

C'est le résultat d'une étude publiée dans la revue "American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine".

Après vérification, il s’avère que l’American Thoracic Society (ATS) qui publie l’AJRCCM, est une organisation reconnue et respectée.

« C’est d’ailleurs l’ATS qui émet les normes pour les valeurs références, les directives et les critères d’acceptabilité et de conformité des tests de fonctions pulmonaires », explique Marie-Eve Girard, inhalothérapeute à l’Association pulmonaire du Québec.

De plus, l’AJRCCM ne publie que des articles révisés par des pairs ; on est donc face à une publication qui répond à des normes scientifiques.

Faire le ménage à la maison ou au travail en lien avec le déclin des fonctions pulmonaires et l’obstruction des voies respiratoires.

En résumé de l'article, voici ce qu’elle conclut :

  • Les personnes qui font de l’entretien ménager ou qui utilisent régulièrement des produits de nettoyage semblent avoir un déclin de leur fonction pulmonaire plus important avec l’âge que les autres personnes.
Les chercheurs sont arrivés à la conclusion que l'usage de certains produits ménagers, composés de particules chimiques, causeraient des dommages aux voies respiratoire sur le long-terme.

Ces produits accéléreraient le déclin de la fonction respiratoire et toucheraient plus particulièrement les femmes. D'après cette même étude, ces effets secondaires sont équivalents à la consommation d’un paquet de cigarettes par jour, sur le long terme.

Quant aux effets à long terme, celle qui est également coordonnatrice des soins de santé pour l’Association pulmonaire du Québec n’est pas surprise des conclusions de cette étude menée sur 6235 participants pendant une période de 20 ans.

« À ma connaissance, il s’agit d’une première étude à ce sujet, mais les résultats corroborent ce que nous suspections déjà, c’est-à-dire que les polluants chimiques inhalés restructurent nos voies respiratoires au fil des ans, modifiant ainsi leur bon fonctionnement. »

Les auteurs de cette étude estiment que ce déclin serait attribuable à l’irritation des muqueuses qui tapissent les voies respiratoires causée par des produits nettoyants irritants, comme l’eau de Javel, l’ammoniaque et autres produits présents dans les vaporisateurs et aérosols.

Les agents détergents et désinfectants utilisent souvent des produits chimiques très agressifs susceptibles de provoquer des intoxications par inhalation ou absorption et des brûlures cutanées ou oculaires, ou des sensibilisations allergiques (eczéma, asthme…).

Le risque est parfois difficile à évaluer car la nocivité du produit est liée soit à plusieurs molécules principales dans des mélanges (ex. : détergents /désinfectants), soit à des molécules additionnelles destinées à préserver le produit (ex. : conservateurs).

Ces pathologies irritatives et/ou allergiques (asthme, dermites, eczéma …), atteignant la peau et les muqueuses, nécessitent d’adopter des mesures de prévention collective et de protection individuelle, car celles-ci peuvent avoir des conséquences graves.

La toxicité des détergents et désinfectants

Les tensio-actifs détruisent le film lipidique protecteur cutané et sont donc tous des irritants pour la peau avec un pouvoir nocif variable selon les compositions chimiques : les tensio-actifs cationiques (ammoniums quaternaires) et anioniques (savons) sont les plus irritants et allergènes.

- les aldéhydes (formaldéhyde, glutaraldéhyde) utilisés pour leur activité antimicrobienne sont des molécules irritantes et sensibilisantes, générant des affections cutanées aiguës et chroniques.

De plus, ces aldéhydes sont des composés organiques volatils qui dégagent des vapeurs à température ambiante responsables de symptômes respiratoires (asthme…).

Le formaldéhyde est par ailleurs classé par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) comme cancérogène.

- L’acide peracétique est une molécule couramment utilisée dans les solutions désinfectantes bactéricides et fongicides (services médicaux, industries alimentaire et cosmétique) en remplacement du glutaraldéhyde : c’est un produit acide à la forte odeur de vinaigre, corrosif, au pouvoir irritant, dangereux à forte concentration pour la peau et les muqueuses.

- Les oxydants (agents chlorés…) utilisés pour leur propriétés antimicrobiennes sont à l’origine de dermites irritatives, notamment avec l’eau de Javel.

- Les amines aliphatiques et la soude, pouvant être contenues dans certains produits détergents et désinfectants, sont caustiques pour la peau et les muqueuses.

- Les enzymes protéolytiques, les adjuvants et excipients peuvent être responsable de manifestations allergiques.

- Les solvants alcooliques en spray pour désinfection de contact sont desséchants et irritants pour les muqueuses (aérosol).

Les principaux risques des détergents et désinfectants

Les produits détergents et désinfectants, peuvent provoquer des lésions à type d’irritation et/ou de sensibilisation allergique.
Les affections cutanées sont les plus fréquentes, suivies des atteintes des muqueuses oculaires et bronchiques.

  • les dermatites de contact avec des détergents et antiseptiques représentent la plus grande partie des risques professionnels de ces produits. La dermatite de contact comporte deux formes :

    - La dermatite de contact allergique est due aux substances allergènes. Le personne se sensibilise progressivement aux produits de façon spécifique du fait de la multiplicité des contacts cutanés non protégés.

    L'eczéma de contact siège au début sur les zones de contact avec les produits responsables, mais peut ensuite s'étendre au-delà : faces dorsales et latérales des doigts et des mains, face interne des poignets. Les atteintes cutanées sont érythémateuses avec lésions prurigineuses, vésiculeuses suivies d'une phase de suintement, de formation de croûtes et de desquamation, et l’eczéma peut se surinfecter.

    La dermite urticarienne de contact se traduit par des lésions avec prurit, brûlures, parfois douleurs.

    - La dermatite de contact irritant, plus fréquente, est consécutive à une agression chimique de la peau, souvent aggravée par des frictions mécaniques répétées et un travail en milieu humide, à température élevée (nettoyage), ces facteurs n’entrainant pas l'intervention de mécanismes immunologiques. A noter que certains symptômes cutanés semblables sont plus de type irritatifs qu’allergiques et le traitement dépend donc d’un diagnostic correct. Toutefois, une dermite d’irritation, due à des contacts excessifs avec des produits irritants, peut créer une prédisposition à un eczéma, d'où l'importance de la prévention.

    - Les irritations cutanées se traduisent par des rougeurs (sur le dos des mains et entre les doigts), des démangeaisons (prurit), des sensations de brûlure, des fissures, desquamations et des crevasses, lésions plus au moins importantes de l'épiderme et par réaction inflammatoire au niveau du derme.

  • Les désinfectants sont des produits irritants des muqueuses oculaires, oro-rhino-laryngées et bronchiques et potentiellement sensibilisants. Ce sont des causes reconnues de conjonctivite, rhinite, et d’asthme professionnel pour le personnel soignant (décontamination du matériel médical) ou d’entretien des sols et des surfaces, et susceptibles d’être à l’origine d’un syndrome d’irritation bronchique, si inhalés à forte concentration. L’utilisation sous forme de spray augmente le risque de sensibilisation et d’irritation des muqueuses (gêne oro-pharyngée, difficultés respiratoires…).



Sprays assainissants : une pollution majeure de l’air intérieur

Les antibactériens, antiacariens ou désodorisants censés « purifier » nos logements sont en fait une source de substances allergènes – voire toxiques.

En vingt ans, le nombre d’allergiques a doublé, pour atteindre 18 millions de Français.

Le coût de la mauvaise qualité de l’air intérieur a été évalué à la somme exorbitante de 19 milliards d’euros par an, selon une étude récente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI). En croyant bien faire, les consommateurs eux-mêmes peuvent être complices de cette pollution insidieuse.

46 produits à sortir de ses placards !

Ironie du sort : la lutte contre les polluants et les allergènes dans nos foyers est devenue un argument marketing et un marché à part entière.

Des produits « purifiants » (antiallergènes, antiacariens, antibactériens…) ont ainsi envahi les supermarchés et les pharmacies. Or, contrairement à ce que prétendent fabricants et vendeurs, loin d’assainir la maison, ces sprays, diffuseurs et aérosols décuplent la pollution intérieure !

Ils cumulent des substances allergènes, irritantes, voire toxiques.

Gare aux huiles essentielles

Les sprays assainissants aux huiles essentielles contiennent des substances allergènes, irritantes, voire toxiques, impliquant un étiquetage strict. Or, de nombreuses références comportent pourtant des allégations « 100 % bio », « 100 % naturel », en flagrante contradiction avec la législation. La plupart de ces sprays assainissants étant classés « biocides », le fabricant doit veiller « à ce que l’étiquetage n’induise pas en erreur quant au risque que présente le produit pour la santé […] et, en tout état de cause, ne comporte pas les mentions “naturel”, “respectueux de l’environnement” […] ou toute autre indication similaire » (article 69 du règlement européen n° 528/2012 sur les biocides). Fait aggravant, 70 % des marques trichent : elles font rétrécir les pictogrammes de danger, supposés alerter les consommateurs.

Les pesticides reviennent par la petite porte

Tout aussi inquiétante est la prolifération des produits antiacariens. Alors que, sous la pression des autorités publiques et de l’opinion, l’usage des pesticides est en diminution dans les jardins collectifs, les voilà qui reviennent par la petite porte. En effet, les substances utilisées dans les aérosols et les traitements textiles acaricides (linge de lit, matelas) sont en réalité des pesticides.

Parmi eux figurent en bonne place l’huile de neem et la perméthrine. Ces substances sont interdites en usage agricole mais autorisées à la maison. Or, la perméthrine représente un danger mortel pour les chats.

Des étiquettes à revoir de fond en comble

Dès 2012, 60 Millions avait tiré la sonnette d’alarme en publiant son enquête « Ces insecticides qui tuent les chats ». Nous avions suggéré aux autorités de santé de contraindre les fabricants à avertir les propriétaires de félins en ajoutant sur tous les produits contenant de la perméthrine une mention de type « ne pas appliquer en présence de chats ».

Cette requête n’a malheureusement pas été entendue. Par conséquent, nous la réitérons – comme nous demandons à l’ensemble des fabricants des 46 produits épinglés dans notre étude de revoir de fond en comble leurs étiquettes.


Nos articles sur les détergents